Marjorie Darcet (Lixo) : l’IA au service de l’économie circulaire

Marjorie Darcet a choisi de placer l’intelligence artificielle au cœur de la transition écologique de Lixo. Depuis la création de la startup, sa co-fondatrice s’appuie sur des investisseurs spécialisés pour industrialiser ses solutions de reconnaissance d’images appliquées aux déchets. Elle fait du capital-investissement un véritable moteur de structuration opérationnelle et de durabilité. Plongez dans la vision stratégique d’une dirigeante qui transforme la gestion des ressources à l’échelle mondiale grâce au tri numérique.

En collaboration avec Les Échos.

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Marjorie Darcet, Lixo
Marjorie Darcet, Lixo

Engagée dans l’économie circulaire, Lixo caractérise les déchets collectés grâce à l’intelligence artificielle. Marjorie Darcet, sa co-fondatrice et directrice générale, évoque le soutien par des investisseurs spécialisés qui a permis à cette jeune pousse de se déployer dans 10 pays en 3 ans.

Pouvez-vous nous présenter Lixo ?
Lixo est une startup française spécialisée dans l’intelligence artificielle appliquée à la reconnaissance d’images pour la gestion des déchets. Notre cœur de métier, c’est l’analyse automatisée des flux afin d’améliorer le tri et d’optimiser leur valorisation. Nous avons créé l’entreprise pendant le Covid, avec la volonté de mettre la technologie au service d’enjeux environnementaux concrets. Le traitement des déchets, historiquement public et peu digitalisé, restait un angle mort de l’innovation. Aujourd’hui, nos capteurs embarqués dans les camions de collecte offrent une vision en temps réel de la composition des déchets à l’échelle d’un territoire. Ces données sont ensuite analysées et restituées sous forme de tableaux de bord, permettant aux collectivités et aux opérateurs d’ajuster leurs tournées, de détecter les anomalies et d’améliorer la qualité du tri.

À quel moment avez-vous fait appel à des fonds d’investissement ?
Les deux premières années, nous avons avancé en quasi-autofinancement, avec le soutien d’un incubateur et d’un prêt d’amorçage qui nous ont permis de lancer l’activité. Cette phase nous a donné le temps de valider notre technologie et notre modèle économique. Nous avons ensuite ouvert notre capital pour structurer le développement et industrialiser nos solutions.
Le choix de nos partenaires s’est fait sur des critères précis : la compréhension des enjeux de durabilité et une vision de long terme.

En quoi l’association de plusieurs fonds d’investissement vous aide-t-elle ?
Nous avons choisi de réunir plusieurs fonds d’investissement et un business angel spécialisé dans les métiers de l’environnement et des déchets, aux profils complémentaires. Certains apportent une solide culture industrielle et une connaissance fine des métiers de l’environnement, d’autres disposent d’équipes très opérationnelles capables de nous accompagner au quotidien sur les sujets RH, de structuration ou de stratégie produit.
L’un des investisseurs anime également des échanges entre pairs, où dirigeants et experts partagent leurs bonnes pratiques. C’est une source d’inspiration et un levier concret de progrès.

Quels sont les résultats et les perspectives à court terme ?
Lixo poursuit sa trajectoire vers l’équilibre financier, attendu dès l’an prochain. Nous voulons devenir un acteur européen de référence de la valorisation intelligente des déchets et développer notre présence au-delà de l’Europe. Nous avons déjà conclu un partenariat avec un industriel en Amérique du Nord, qui nous permettra d’y arriver.