Déborah Berger (Bonum Group) : l’alliance stratégique, au fondement de la performance durable

Devenir chef d’entreprise pour porter un projet engagé, c’est l’ambition concrétisée par Déborah Berger. Grâce à un fonds de transmission, elle a repris Adfinitas avant de bâtir un groupe européen de 250 collaborateurs. Entre rigueur financière et acquisitions ciblées, elle transforme le marketing d’intérêt général en un levier de croissance d’envergure. Parcours d’une entrepreneuse qui fait du capital-investissement le moteur d’une réussite collective.

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Déborah Berger, CEO, Bonum Group
Déborah Berger, CEO, Bonum Group

Quelle était votre motivation lorsque vous vous êtes lancée dans cette reprise ?

J’ai toujours voulu diriger une entreprise. L’idée d’en reprendre une s’est imposée. Faute de capital pour réaliser une acquisition de taille intéressante, je me suis tournée vers un fonds spécialisé dans ce type d’opération. J’ai eu la chance d’être intégrée dans leur pool de repreneurs potentiels. On est allés ensemble rencontrer des PME que les dirigeants souhaitaient céder tout en quittant la direction opérationnelle.

Quels étaient vos critères de sélection ?

L’important pour moi était de reprendre une entreprise à impact positif pour la société. C’est ainsi que nous avons regardé le dossier d’Adfinitas, une agence de marketing relationnel dédiée aux ONG. En janvier 2022, le fonds a repris la majorité du capital et moi, avec un peu moins de 5 % des parts, j’étais associée à leurs côtés et dirigeante opérationnelle du groupe. Des salariés et des managers ont également participé au tour de table.

Comment le fonds vous a-t-il accompagnée dans cette reprise ?

Au-delà de l’apport en capital, leur présence a été très précieuse à toutes les étapes. En amont, pour identifier la société et financer son acquisition. Puis, ils m’ont apporté leur expertise, leurs conseils en matière de transmission. Ils ont également introduit une grande rigueur dans le pilotage financier, dans l’analyse de la société et son suivi.

Depuis début 2022, comment avez-vous développé la société ?

Nous sommes passés de 70 personnes, pour un chiffre d’affaires de 22 M€, à 250 personnes avec 58 M€ de revenus. Dès le début, notre objectif était de constituer un groupe indépendant de communication et de marketing dédié à tous les sujets d’intérêt général et d’engagement. Via Bonum, la holding que nous avons créée pour détenir Adfinitas, nous avons repris d’autres agences pour élargir notre palette : une structure dédiée au secteur public, une agence de communication RSE, une autre spécialisée dans le marketing associatif en Autriche. Car notre ambition est européenne. Pour ces opérations, le fonds a joué le rôle d’une véritable équipe M&A (fusions-acquisitions) interne, en m’apportant toute l’expertise que je n’ai pas en matière de valorisation, de montages financiers, de négociation…

Quel regard portez-vous sur l’ensemble de cette expérience ?

Le fonds a revendu sa part à un family office fin 2024 pour garder 10 % du capital. Le management et moi en avons profité pour monter au capital du groupe.

Sans le fonds, je n’aurais pas pu réaliser mon objectif : diriger une PME. Ils ont agi comme de véritables associés.