Jean-Pierre Roux fait de l’IA de Dessia le nouveau pivot des filières stratégiques

Jean-Pierre Roux déploie chez Dessia une IA de rupture sélectionnée par le programme French Tech 2030. Soutenu par quatre fonds d’investissement, le PDG structure la croissance de cette solution stratégique pour les secteurs de la mobilité et de l’énergie. En couplant accélération de la maturité technologique et expansion internationale, il transforme l’expertise technique en un véritable actif souverain. Découvrez comment ce dirigeant exploite la vision sectorielle de ses actionnaires pour piloter une trajectoire de long terme.

En collaboration avec Le nouvel Économiste.

3 min
Jean-Pierre Roux, CEO, Dessia
Jean-Pierre Roux, CEO, Dessia

Créée en 2017, la startup Dessia Technologies vient d’être sélectionnée dans la 2° promotion du programme French Tech 2030, parmi « 80 entreprises émergentes qui développent des technologies hautement stratégiques pour la souveraineté numérique française ». Son PDG Jean-Pierre Roux évoque comment plusieurs fonds d’investissement ont accompagné ses transformations depuis 2021.

Quand Dessia a-t-elle vu le jour et autour de quelle idée ?

La startup a été créée en 2017 par Pierre-Emmanuel Dumouchel qui est notre directeur technique et directeur général. Nous avons développé une solution logicielle qui utilise l’IA pour accélérer les processus d’ingénierie de la conception comme de la fabrication.

Destinée aux domaines de la mobilité, de l’aéronautique, de la défense et de l’énergie, elle permet d’automatiser certaines tâches manuelles, comme la vérification des plans techniques. Nous avons intégré des algorithmes qui permettent d’ « augmenter » le travail humain.

Quand avez-vous été en mesure de renforcer vos moyens financiers?

Nous avons pu réaliser une première campagne de levée de fonds en 2021, lorsque, après plusieurs démonstrations de faisabilité (POC, proof of concept) avec des industriels, ces derniers ont manifesté leur intérêt. Cela a motivé 3 fonds de capital-innovation, 2 français et un allemand, à investir dans le capital de Dessia aux côtés du fondateur et du management. J’ai rejoint la société à ce moment-là. Nous étions une quinzaine à l’époque.

Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Après une 2ª levée de fonds à l’été 2024, qui a permis à un 4° fonds de nous rejoindre, nous comptons 35 collaborateurs. Notre plate-forme logicielle est opérationnelle chez plusieurs clients industriels, et en test chez d’autres, avec un modèle d’affaires fondé dorénavant sur la licence annuelle. Nous sommes en train de nous développer à l’international.

Comment vos actionnaires professionnels vous ont-ils accompagnés ?

Tout d’abord, ils nous ont permis de nous développer.

Ces moyens ont été décisifs pour une startup comme la nôtre, confrontée aux longs cycles de vente de l’industrie. Quelque 70 % de l’apport en capital de la première levée de fonds ont été affectés à la poursuite du développement de notre solution. Dans notre secteur d’acti-vité, avancer, faire progresser notre niveau de maturité technologique (TRL, technology readiness level) est un enjeu majeur. Notre sélection par French Tech 2030 vient distinguer ces efforts.

Au-delà, les fonds d’investissement qui composent notre tour de table nous ont aidés à structurer la société. Des 2021, notre directeur financier a été recruté pour favoriser la maitrise et le pilotage analytique de notre société et un « consultant advisor» dédié nous a permis de nous poser les bonnes questions en matière de gestion et de croissance. Dans les 2 années qui ont suivi, des comités stratégiques fréquents ont été mis en place pour nous guider et suivre notre activité.

Aujourd’hui, quel est l’apport principal de ces fonds d’investissement?

Une vision, très précieuse, de notre secteur, en permanente évolution. Comme ils détiennent, pour la plupart, d’autres sociétés technologiques dans leurs porte-feuilles, ils ont une connaissance fine de ce secteur, de ses innovations, de ses tendances et de ses attentes. Un dialogue permanent nous permet de nous projeter sur la durée et de bâtir une trajectoire.

Questions fréquentes